Relations et psychologie

Narcissique ou borderline : le danger pour leurs proches, familles et conjoints

Les troubles de la personnalité narcissique (TPN) et borderline (TPB) affectent profondément la façon dont une personne se perçoit et vit ses relations. Comprendre ces troubles aide concrètement celles et ceux qui subissent ou ont subi ce type de relations.

Par Frédéric Deltour, thérapeute et formateur holistique · Mis à jour le 3 septembre 2026 · 20+ ans d’expérience

En bref

Le trouble narcissique (TPN) se construit autour d’un soi grandiose qui masque un vide intérieur ; le trouble borderline (TPB) se caractérise par la peur de l’abandon, l’instabilité émotionnelle et le clivage. Le Dr Otto Kernberg a montré leurs liens. Les proches subissent épuisement, perte d’estime de soi, anxiété et parfois un traumatisme. Ces troubles se traitent, notamment par la thérapie focalisée sur le transfert (TFP).

Ce sujet me touche particulièrement, ayant vu les comportements et surtout les effets destructeurs sur l’entourage d’individus ayant ce type de troubles de la personnalité. Mon but ici est de mieux comprendre ces troubles et d’aider concrètement celles et ceux qui les subissent ou les ont subis.
Frédéric Deltour

Le Dr Otto Kernberg, psychanalyste renommé, a apporté des contributions majeures à notre compréhension du trouble narcissique et du trouble borderline, en soulignant leurs caractéristiques distinctes et leurs interconnexions. Cet article présente les traits de chacun, les phrases types pour les reconnaître, les raisons pour lesquelles une victime se sent souvent confuse et coupable, et les approches qui aident à se reconstruire.

Le trouble de la personnalité narcissique (TPN)

Kernberg considère le TPN comme un trouble sévère reposant sur une organisation borderline sous-jacente. Il se caractérise par la construction d’un soi grandiose pathologique comme mécanisme de défense, une dévalorisation des autres et un déni du besoin d’autrui, une apparence d’autosuffisance en surface, un besoin constant d’admiration sans réciprocité, et un sentiment simultané de grandiosité et de vide.

Le narcissisme existe sur un spectre et prend plusieurs formes : le narcissique grandiose (importance exagérée, besoin d’admiration), vulnérable (faible estime masquée, hypersensible à la critique), malin (traits antisociaux, manipulation), secret (modeste en public, fantasmes de grandeur en privé), communautaire et antagoniste. Ces types ne sont pas exclusifs.

Le trouble de la personnalité borderline (TPB)

Kernberg décrit le TPB par une agression intense en réponse à une privation précoce, des défenses pathologiques contre cette rage, et le clivage comme mécanisme central. Sur le plan relationnel : peur intense de l’abandon, impulsivité, changements d’humeur rapides, relations instables et intenses, sentiment chronique de vide, et parfois comportements d’automutilation.

Kernberg postule que la structure narcissique se construit pour protéger contre la fragmentation et l’agression propres au borderline. En thérapie, à mesure que les défenses narcissiques sont travaillées, la structure borderline sous-jacente devient apparente.

Le trauma n’est pas ce qui vous arrive, mais ce qui se passe en vous à la suite de ce qui vous arrive.
Gabor Maté · Médecin, spécialiste du trauma et de l’addiction

Reconnaître les phrases types

Chez le narcissique : “Je savais dès notre rencontre que nous étions des âmes sœurs”, “Si tu m’aimes, tu dois me laisser faire comme je veux”, “Tu es folle / fou” (pour faire douter l’autre de sa perception), “C’était juste une blague” (pour minimiser une remarque blessante), “Tu devrais te sentir chanceux d’être avec quelqu’un comme moi”.

Chez le borderline : “Je t’aime tellement... non, en fait je te déteste”, “Si tu me quittes, je me ferai du mal”, “Je me sens vide, je ne sais pas qui je suis”, “Ne me quitte pas, je ne peux pas vivre sans toi”. Ces exemples illustrent les différences clés tout en montrant comment les deux troubles peuvent se rejoindre.

Le curieux paradoxe, c’est que lorsque je m’accepte tel que je suis, alors je peux changer.
Carl Rogers · Psychologue, fondateur de l’approche centrée sur la personne

Effets sur l’entourage et pourquoi la victime culpabilise

Les proches peuvent subir un épuisement émotionnel, une baisse de l’estime de soi, de l’anxiété, une dépression, un traumatisme vicariant, de la codépendance et un isolement social progressif. La victime se sent souvent coupable et confuse à cause de la manipulation et de la distorsion de la réalité, de l’alternance entre idéalisation et dévalorisation, de l’invalidation de ses émotions et de croyances dévalorisantes qu’elle a intériorisées, jusqu’à une véritable perte d’identité.

Ces croyances persistent même après la rupture, créant une forme d’auto-harcèlement psychologique. Les nommer est déjà un premier pas vers la libération.

Se reconstruire

Ces troubles peuvent être traités efficacement, notamment par la thérapie focalisée sur le transfert (TFP) développée par Otto Kernberg, qui vise à intégrer les représentations clivées de soi et des autres. Pour l’entourage, l’enjeu est de restaurer des limites saines, de retrouver confiance en sa propre perception et de se faire accompagner.

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Frédéric Deltour, thérapeute et formateur holistique

Frédéric Deltour

Thérapeute holistique · Formateur · Auteur · Superviseur. Plus de 20 ans d’accompagnement. Il forme des thérapeutes et coachs certifiés en France, Belgique, Suisse et Canada, en unifiant traditions éprouvées (bouddhisme, méditation Vipassana) et outils contemporains (PNL, CNV, Gestalt, approche centrée sur la personne).

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Questions fréquentes

Comprendre l’humain pour mieux accompagner

La formation de Frédéric Deltour vous apporte de nombreuses clés de communication et de compréhension de soi et des autres, pour vous protéger et pour aider.